janvier 2019

Les drones dans les métiers de la sécurité ? Des outils, mais une réglementation contraignante

Après avoir trouvé leur place dans les médias, la prise de vue aérienne, le BTP et l’inspection d’ouvrages, les drones professionnels pourraient bien voir leur présence se développer dans la surveillance, notamment pour le contrôle périmétrique et la sécurité civile.

Si des fabricants ont cru voir dans le drone de demain une panacée, l’état des lieux de la profession montre que, dans la sécurité, les drones ont aussi connu des échecs. Souvent il s’agit de solutions proposées avant que le marché n’identifie ce besoin. Les drones ne sont pas une technologie de rupture qui va faire exploser le marché, mais bien un outil supplémentaire à disposition des responsables de la sécurité. Chaque drone doit correspondre à un usage précis et à un besoin bien réel pour espérer devenir une solution pérenne.

 

Pour la sécurité publique

Que ce soit pour les interventions, l’enquête ou la reconnaissance, les drones sont de plus en plus utilisés notamment au niveau des services de sécurité du ministère de l’Intérieur. Leurs atouts leur donnent une place que ce soit lors d’un crash aérien, d’accidents ferroviaires ou industriels et évidemment un moyen technique d’observation opérationnelle pour des missions des forces d’intervention telles que le GIGN ou la BRI. Plusieurs villes se sont aussi lancées dans cette aventure pour leurs polices municipales. Avec à la clé des accords négociés ville par ville et une législation qui encadre les missions.

Un contrôle strict

Même si la France est un fer de lance dans le domaine des drones, avec une filière civile, des écoles de pilotage et une importante fédération professionnelle, elle a aussi légiféré rapidement sur ce sujet. Une législation qui continue d’évoluer pour s’adapter aux nouvelles machines. Techniquement les drones proposent des atouts de plus en plus nombreux : zooms surpuissants, différents capteurs embarqués, robustesse et autonomie de plus en plus grandes, rondes aléatoires, dialogue avec le PC… mais la législation est bien un des freins importants à leur développement dans le marché spécifique de la sécurité.

L’objectif de la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) est double. Il s’agit d’« assurer la sécurité des autres usagers de l’espace aérien (risque de collision en vol) et d’assurer la sécurité des biens et des personnes au sol (risque de crash du drone) ». Ainsi, « l’utilisation en extérieur d’engins volants, même lorsqu’ils sont de petite taille, qu’ils ne transportent personne à leur bord et qu’ils sont utilisés à basse hauteur, est considérée comme une activité aérienne et relève donc de la règlementation applicable à l’aviation civile ».

Pour les drones professionnels, ils rentrent dans le cadre « activités particulières » de la loi. Concrètement les drones ne doivent pas voler à plus de 50 ou 150 m d’altitude, en fonction de leur masse. L’utilisation hors vue du télépilote est réglementée, ainsi que le survol de sites sensibles, mais globalement un périmètre de sécurité doit être mis en place au sol. Le survol de personnes est lui aussi très réglementé et le survol en agglomération doit être déclaré en préfecture. Concernant le respect de la vie privée, il faut informer de la prise de vue par les drones et le vol de nuit nécessite une autorisation préfectorale. Si le pilotage automatique des drones est possible, la loi exige qu’un pilote soit présent pour observer le ciel. Les règles sont strictes et en évolution en fonction des retours d’expériences, qui – d’après l’avis des professionnels – sont des contraintes importantes à l’énorme potentiel des drones de surveillance.

Un partenariat drones-agent

Evoluant rapidement, les drones sont de plus en plus capables de voler, y compris dans des conditions météorologiques dégradées. Ils vont de plus en plus vite avec une capacité d’emport qui augmente. Ce sont des plates-formes technologiques pouvant emporter des caméras puissantes ou thermiques, des capteurs, des microphones… de quoi réaliser une levée de doute sur une situation rapidement et sans faire prendre de risque à un agent, ou encore de guider du personnel sur un site de grande superficie.

Une piste intéressante est la création d’une offre commune, qui rassemble des équipes de sécurité classique et des drones. Par exemple, lors du meeting aérien de la Ferté Alais au Forum de la paix en novembre dernier, deux prestataires se sont alliés pour réaliser ce mix en pleine collaboration avec la préfecture de police. Pour le Forum international, les drones ont complété le dispositif de la Préfecture de Police de Paris avec un système filaire relié au Poste de Commandement Opérationnel.

Voir… derrière le mur

Evidemment, les drones et leurs caméras peuvent voir de haut et de loin. Certaines caméras peuvent détecter un humain à plusieurs kilomètres de distance, mais souvent les agents ou les forces de première intervention ont besoin de « voir » ce qu’il y a juste derrière le mur. Pour eux, Bird Connected, présenté sur le dernier salon Eurosatory, est conçu pour les environnements hostiles. Il peut cartographier un bâtiment en différenciant portes et cloisons, détecter des corps, vivants ou morts… Tout cela avec une télécommande ou un gant de contrôle. L’engin a un coût exorbitant, mais il répond à des exigences très pointues.

Le drone, un complément aux solutions de sûreté-sécurité des entreprises

Le survol d’un site par un drone pour sa surveillance ou la levée de doute s’avère être un excellent outil complémentaire à d’autres solutions de sûreté-sécurité existantes telles que : la vidéosurveillance, la protection périmétrique, la détection-intrusion… Pour en savoir plus sur ces solutions de sûreté-sécurité  complémentaires, consultez l’offre d’Horoquartz

 

Franck Chevallier pour Horoquartz

Franck Chevallier