mai 2019

Des équipements lourds pour se protéger des voitures béliers

Si les voitures béliers sont bien présentes dans les esprits pour les attentats meurtriers commis par des terroristes en France et à l’étranger, elles ne sont pas l’apanage de ce type d’actes. La voiture bélier est également utilisée par de nombreux malfaiteurs pour faciliter les braquages ou les cambriolages.

Ainsi, des bijouteries, des supermarchés, des entrepôts, des buralistes… sont des cibles régulières qui doivent trouver le moyen de s’en prémunir que ce soit pour contrer les attentats terroristes ou les vols. Une recommandation que l’on retrouve dans le plan Vigipirate.

Protection des accès extérieurs

Pour assurer une protection optimale, il faut tenir compte des spécificités du site à protéger. Il faut être efficace contre les voitures béliers tout en facilitant l’accès aux véhicules autorisés, aux personnels et aux services de secours ou d’urgence. En fonction de tous les critères à prendre en compte, le choix s’orientera vers des bornes classiques, fixes ou escamotables, des portails, des poutres coulissantes, des chaînes ou encore des blocs de béton ou même de lourdes jardinières.

Avec la recrudescence des actes utilisant la voiture comme une arme, les fabricants sont de plus en plus nombreux à proposer des barrières testées pour stopper des voitures ou des camions. Un canon à ondes capable de désactiver tous les composants électriques d’un véhicule cible est même en projet. Certains produits sont pensés pour la voie publique, mais ils peuvent efficacement sécuriser un site professionnel ou industriel.

Des solutions différentes

Globalement les solutions proposées peuvent être « escamotables » pour laisser passer un véhicule, ou fixes, avec ou sans emprise au niveau du sol. Quelle que soit la solution, un seul objectif : pouvoir stopper une voiture lancée à 35 km/h, pour un commerce ou une entreprise, ou un camion de 10 tonnes roulant à 100 km/h, pour un site sensible. Le tout en s’assurant que le véhicule pénètre le moins possible dans le périmètre sans projeter des morceaux pouvant blesser des personnes.

Pour le choix du matériel il faut aussi prendre en compte leur facilité d’installation. Les barrières nécessitent peu de manutention, tandis que les blocs béton, pèsent souvent près de 800 kg à plus de deux tonnes. Leur manutention nécessite des semi-remorques, des pinces et des grues spécifiques.

Les bornes de sécurité

 De nombreux fabricants les proposent, elles sont généralement en acier ou en inox. Lors de la pose elles seront remplies de béton pour offrir une meilleure résistance. Une résistance qui va dépendre de leur enfoncement dans le sol et leur hauteur hors-sol. Elles peuvent être fixes, semi-automatiques ou automatiques.

  • Les fixes sont les plus simples, elles peuvent aussi faire office de signalisation des voies piétonnes.
  • Pour les modèles semi-automatiques, les bornes peuvent s’escamoter dans le sol, avec de lourds travaux de génie civil, et c’est un opérateur qui permet l’escamotage et le passage via une clé. Idéal pour gérer les accès pompiers ou les zones difficiles à câbler.
  • Les modèles automatiques disposent de cellules photoélectriques qui vont permettre la détection d’un véhicule et autoriser automatiquement son passage. Ce type d’équipement haut de gamme bénéficie aussi d’un laissez-passer pour les véhicules de secours.

Les fournisseurs de systèmes de contrôle des accès fournissent en général une gamme complète d’équipements adaptés au type de menace.

Des communes en test grandeur nature

A Saumur, la municipalité a choisi de mettre en place une sorte de coussin berlinois doté de barres métalliques se verrouillant à la verticale. A Nîmes, ce sont des barrières anti-attentat qui ont fait leur apparition, et qui ont même arrêté une voiture bélier lors d’une feria. Dans les villes de Romans, Valence et Montélimar, des barrières similaires ont fait leur apparition. A la Grande-Motte les barrières retenues peuvent à la fois se mettre en place ou s’enlever facilement, tout en disposant d’une herse efficace. Même type de choix pour la ville d’Avignon qui sécurise notamment son festival avec un dispositif spécifique venu d’Israël.

Que ce soit pour le risque d’attentat ou pour le risque de vol, les dispositifs sont amenés à se diversifier de plus en plus et à se retrouver de plus en plus souvent sur des sites à protéger.

Franck Chevallier pour Horoquartz

Franck Chevallier