janvier 2019

Comment rendre efficace le contrôle des accès piétons ?

Vous le constatez parfois vous-mêmes lors de votre accès à des locaux : les systèmes d’accès piétons sont parfois très anciens et nécessiteraient d’être modernisés. Ils ont parfois été installés dans un contexte donné et ne répondent plus aux exigences ou à de nouvelles menaces (ex : risque terroriste). Comment filtrer efficacement les accès piétons au moyen de périphériques adaptés ? Quels équipements choisir pour quels risques à couvrir ? Le plus souvent, la question se pose au moment du choix ou du renouvellement d’un système de contrôle d’accès, mais il n’est pas interdit d’anticiper.

Le syndrome de la porte blindée sur une cloison de plâtre.

C’est avec cette anecdote portant sur une configuration ‘’originale’’ découverte à l’occasion d’un audit, qu’Alain Richard, consultant en sûreté-sécurité, insistait sur le fait que le niveau de sécurité d’un dispositif est toujours celui de son maillon le plus faible. Les dispositifs de contrôle d’accès des piétons n’échappent pas à cette règle : les choix doivent être cohérents entre eux !

La liste n’est pas exhaustive mais parmi les principales questions qui peuvent se poser pour choisir les obstacles piétons, on peut citer :

  • Le périphérique doit-il garantir l’unicité de passage ou un effet de sas ?
  • Quel est le flux à admettre dans une plage donnée ?
  • Quelle est la facilité d’utilisation ou la souplesse de l’équipement pour les salariés ou les visiteurs ?
  • Quel est le temps de résistance à l’effraction ?
  • Quelles sont les contraintes particulières d’environnement, par exemple des contraintes d’installation (place réduite) ou de conformité à des règles ou normes en cas d’incendie ou d’évacuation d’urgence ?

Les tourniquets

Proposés en mi-hauteur (tripodes) ou en pleine hauteur (7 pieds), ces équipements sont très appréciés pour le contrôle d’accès physique des personnes et pour le contrôle de l’unicité de passage. Ils sont le plus souvent mis en œuvre en extérieur, voire dans des halls d’accueil. L’activation nécessite une autorisation d’accès, donnée par la lecture d’un badge ou d’une empreinte biométrique, par la composition d’un code ou autre. Ils se verrouillent automatiquement lorsque le piéton est passé. Certains peuvent détecter les tentatives de passage forcé et émettre une alarme. Le tourniquet peut être couplé avec un autre dispositif (barrière coulissante ou portillon par exemple) pour l’accès des personnes à mobilité réduite. Les tourniquets sont robustes sur un plan mécanique et ont une durée de vie importante. En alternative au tourniquet, et également pour le contrôle d’accès extérieur, certains constructeurs proposent des portes unipersonnelles qui offrent une résistance mécanique importante tout en garantissant l’unicité de passage. Après avoir ouvert la porte, le piéton stationne dans une zone dont le passage se libère quand la porte se referme. Des solutions de ce type permettent aussi une libération de l’accès sur alarme incendie ou dans le cas de passage d’objets volumineux.

Points de vigilance : Le temps d’écoulement est à prendre en compte car les tourniquets ont un effet de ralentissement sur le flux. Le nombre de tourniquets nécessaires doit être calculé en conséquence. Les tourniquets en mi-hauteur (tripodes) s’intègrent plus facilement à l’environnement, mais ils présentent l’inconvénient de pouvoir être enjambés. Sans une surveillance humaine à proximité, des accès non souhaités peuvent se produire. Les tourniquets peuvent ne pas être adaptés au cas où des personnes doivent accéder au site avec des produits volumineux (bagages encombrants, livraisons…). Un dispositif complémentaire de type portillon doit donc le plus souvent être prévu.

Les portillons

Plus souvent destinés au contrôle d’accès intérieur, les portillons automatiques (speed gates) se sont largement répandus ces dernières années. Le portillon peut être mécanique dans le style de ceux que l’on rencontre souvent à l’entrée des supermarchés. Il sert alors principalement à réguler le flux et éventuellement à une fonction de comptage.

Pour le contrôle d’accès, différentes technologies sont proposées : à porte battante unique ou double (en demi ou pleine hauteur), à vantaux ou bras rétractables, etc… Comme pour les tourniquets, l’ouverture de ces équipements se déclenche suite à une autorisation d‘accès par lecture de badge, lecture biométrique ou autre moyen d’identification.

Il existe également des portillons sans équipement pour interdire physiquement l’accès. Un lecteur optique détecte une personne qui tente de pénétrer dans les lieux (via le portillon) alors que l’autorisation d’accès ne lui a pas été donnée. Une alarme est générée à l’attention du personnel de sécurité, ce qui suppose une présence humaine de proximité. Il s’agit donc avant tout d’un dispositif de contrôle visuel adapté à des zones à plus faible niveau d’exigence.

  • Les principaux avantages des portillons automatiques sont :
    Une meilleure vitesse d’écoulement : l’ouverture du périphérique physique ralentit moins le mouvement de l’accédant (voire de façon marginale).
  • Une capacité supérieure d’intégration dans l’environnement de l’entreprise et de personnalisation.
  • Une fiabilité supérieure du fait de la diminution des contraintes et chocs mécaniques
  • La capacité pour certains équipements d’être conforme à l’évacuation en respectant une unité de passage

Les SAS

Les sas de sécurité sont le plus souvent installés dans des sites à haut niveau d’exigence de protection. Ils ont l’avantage de créer une véritable barrière entre un espace public (ou semi public) et une zone protégée. Ainsi 2 personnes situées de part et d’autres de l’équipement ne peuvent pas communiquer directement et s’échanger des documents ou matériels aussi simplement qu’une porte unique le permettrait. La protection mécanique apportée par le sas (les 2 portes ne peuvent être ouvertes en même temps) a par nature un rôle dissuasif essentiel.

La sécurité électronique vient compléter ce niveau de protection intrinsèque en proposant différents modes d’identification pour l’accès au sas : identification simple ou bien 2 vérifications des droits d’accès (avant chaque porte). Un mode opératoire différencié est possible en entrée et en sortie de la zone contrôlée. Le sas peut être équipé d’un système de détection de masses métalliques pour éviter l’introduction d’armes ou au contraire la sortie frauduleuse d’équipements. Il peut également intégrer un dispositif de détection de présence, d’unicité de passage ou encore de détection de poids. La combinaison de ces fonctionnalités électroniques vient compléter la protection mécanique apportée de fait par la présence de 2 portes. Le sas peut ainsi à lui seul réaliser un nombre considérable de contrôles et de vérifications avec un niveau de filtrage des plus élevés.

Mais le sas, du fait d’une double ouverture de porte et des éventuels contrôles et autorisations intermédiaires, est moins rapide qu’une porte. Cette limitation du flux doit également être prise en compte dans la configuration envisagée.

Article à venir : quelles précautions prendre pour choisir ses obstacles piétons

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Thierry Bobineau, Directeur Marketing chez Horoquartz

Thierry Bobineau